Le mélanome est un cancer de la peau qui se distingue d’un grain de beauté bénin par son aspect irrégulier et surtout par le fait qu’il change. Un mélanome peut naître d’un grain de beauté ancien, mais le plus souvent il apparaît sur une peau jusque-là saine. Toute tache nouvelle ou qui évolue mérite donc l’avis d’un médecin.
Mélanome et grain de beauté : quelle différence
Un grain de beauté, ou nævus, est un amas de cellules pigmentaires (les mélanocytes) qui reste stable pendant des années. Le mélanome est le cancer de ces mêmes cellules : elles se multiplient de façon anarchique et peuvent gagner les couches profondes de la peau.
Selon Qare, 20 % des mélanomes se développent à partir d’un ancien grain de beauté. Les autres commencent en peau saine, ce qui explique qu’une tache apparue récemment doit être surveillée autant qu’un grain de beauté ancien.
En France, environ 9 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, d’après e-sante.fr. Un grain de beauté bénin peut être surveillé tranquillement ; un mélanome, lui, se traite d’autant mieux qu’il est vu tôt.
La règle ABCDE pour repérer un grain de beauté suspect
Les dermatologues utilisent cinq critères faciles à vérifier devant un miroir. Un seul critère suffit à justifier une consultation.
- Asymétrie : les deux moitiés de la tache ne se superposent pas.
- Bords : le contour est irrégulier, flou ou mal défini.
- Couleur : la teinte est inégale, avec du rouge ou un passage du brun au noir.
- Diamètre : au-delà de 6 mm, la tache est un signe d’alerte.
- Évolution : tout changement de taille, de forme, de couleur ou d’épaisseur doit être évalué par un médecin.

Le dernier critère est le plus parlant. Un grain de beauté qui ne bouge pas depuis dix ans inquiète moins qu’une petite tache qui grandit en quelques semaines.
Le signe du vilain petit canard et les autres signaux
Chaque personne a une « famille » de grains de beauté qui se ressemblent. Une tache qui ne ressemble à aucune autre (plus sombre, plus claire, plus grande) se montre au médecin, même si elle passe les cinq critères.
Certains symptômes sont plus tardifs. Si un grain de beauté saigne, démange ou fait mal, il doit être examiné par un dermatologue. Une croûte qui revient au même endroit ou un gonflement de la tache vont dans le même sens.
À l’inverse, l’absence de douleur ne rassure pas : un mélanome débutant ne fait en général pas mal, et c’est son aspect qui donne l’alerte.
Qui doit surveiller sa peau de plus près
Plusieurs situations augmentent le risque de mélanome :
- un nombre élevé de grains de beauté, notamment atypiques ;
- une peau très claire, des cheveux blonds ou roux ;
- des coups de soleil fréquents pendant l’enfance et l’adolescence ;
- des antécédents personnels ou familiaux de mélanome ;
- l’usage de cabines de bronzage, dont les UV sont nocifs.
Pour ces personnes, un examen annuel de toute la peau chez un dermatologue est recommandé. Se protéger du soleil fait aussi partie d’une routine de beauté naturelle, et un écran solaire appliqué chaque jour en est la base.
Examiner sa peau chez soi
Un contrôle régulier, devant un miroir en pleine lumière, permet de repérer un changement. Il porte sur tout le corps : ventre, dos, fesses, plantes des pieds, entre les orteils et cuir chevelu.
Le dos et le cuir chevelu se voient mal seul : un proche peut aider, ou prendre une photo. Des clichés datés de chaque tache suspecte permettent ensuite de juger une évolution plutôt que de se fier à sa mémoire.

Une esthéticienne à domicile voit parfois des zones peu visibles de la cliente et peut lui signaler une tache inhabituelle. Elle ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas le médecin.
Consulter : délai, examen et dermatoscope
Le médecin traitant ou le dermatologue examine la tache, souvent à l’aide d’un dermatoscope, un instrument qui grossit la lésion. Il ne faut pas attendre le prochain bilan dès qu’un grain de beauté change, saigne, démange ou fait mal.
Si la lésion paraît suspecte, la première étape est l’exérèse de la totalité de la lésion, sous anesthésie locale. Elle est suivie d’une analyse au microscope, qui confirme ou écarte le caractère cancéreux.
Il ne faut jamais retirer soi-même un grain de beauté suspect. Les méthodes pour enlever un grain de beauté concernent uniquement les taches jugées bénignes, et aucune méthode maison ne s’applique à une tache suspecte.
Ce que change un dépistage précoce
Pour un mélanome encore superficiel (« in situ »), une excision avec une marge d’environ un demi-centimètre permet en principe une guérison complète dans la quasi-totalité des cas. Plus la tumeur s’épaissit, plus le traitement se complique.
Le mélanome cause encore plus de 1 000 décès par an en France, d’après e-sante.fr. Ce chiffre rappelle surtout l’intérêt de consulter tôt, avant que la tache n’ait eu le temps de grossir.
Le jour où une tache vous intrigue, notez la date et prenez une photo avant de téléphoner pour prendre rendez-vous : le médecin pourra comparer avec l’état de départ.

